Le gouvernement a adopté deux textes législatifs qui modifient les règles relatives à l'autoconsommation collective et aux communautés d'énergie renouvelable au Portugal. Résultat : moins de formalités administratives, des coûts réduits et beaucoup plus de flexibilité pour ceux qui souhaitent ne plus dépendre uniquement du réseau électrique traditionnel.
🔄 CE QUI CHANGE
Une réforme qui se faisait attendre, mais qui arrive en force
Produire de l’énergie solaire sur le toit d’un immeuble et la partager avec ses voisins. Créer une coopérative énergétique dans un quartier ou un village. Conclure un accord pour exploiter un terrain équipé de panneaux solaires. Tout cela était déjà légalement possible au Portugal, mais les règles rendaient le processus lent, coûteux et décourageant. Le mois de juin 2026 a radicalement changé la donne.
Le décret-loi n° 130/2026, publié le 29 juin, et la loi n° 29/2026, du 23 juin, forment un ensemble législatif qui révise en profondeur les régimes de l’autoconsommation collective et des communautés d’énergie renouvelable. Ces deux textes législatifs ont le même objectif : lever les obstacles qui, pendant des années, ont freiné l’expansion de ces modèles de production décentralisée d’énergie.
📋 LES DEUX TEXTES LÉGISLATIFS
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🗓 23 juin 2026
Loi n° 29/2026, Le nouveau Contrat d’exploitation des énergies renouvelables (CAER)
Crée le cadre juridique du CAER et introduit l’autorisation tacite pour l’octroi de licences aux unités de production destinées à l’autoconsommation (UPAC). Il entre en vigueur le 1er juillet 2026 et s’applique à toutes les procédures en cours auprès de la DGEG. -
🗓 29 juin 2026 (promulgué le 5 juin)
Décret-loi n° 130/2026. Simplification de l’autoconsommation collective et des CER
Modifie le décret-loi n° 15/2022, qui régit le système électrique national. Il simplifie les procédures, élargit les distances de partage, facilite l’adhésion et le retrait des membres et met en place des mesures incitatives pour les projets jusqu’en 2029.
💬 « Nous voulons que la production et le partage d’énergie renouvelable soient à la portée de tous, des particuliers aux entreprises, des collectivités locales aux communautés. »
⚙️ LES MESURES EN DÉTAIL
Ce qui change concrètement pour les citoyens et les promoteurs
Les modifications couvrent l’ensemble du cycle de vie d’un projet, de sa création à la gestion quotidienne de ses membres.
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→ 📄 Moins de formalités administratives
Les procédures de création et d’enregistrement des projets d’autoconsommation collective et des communautés énergétiques ont été simplifiées, avec moins d’étapes obligatoires et une intervention réduite des gestionnaires de réseau. -
→ ✅ Accord tacite en matière d’autorisation
Si la DGEG ne répond pas à la demande d’autorisation d’une UPAC dans le délai légal, le projet est automatiquement considéré comme approuvé. Finie l’attente indéfinie. -
→ 📍 Extension des distances de partage
La distance autorisée entre les points de production et les points de consommation a été augmentée, ce qui permet à davantage de personnes et d’entités géographiquement proches de partager la même source d’énergie. -
→ 🚪 Adhésion et retrait des membres facilités
La procédure d’adhésion ou de retrait d’une communauté énergétique ou d’un projet d’autoconsommation collective devient plus simple et plus rapide, ce qui constituait l’un des principaux freins à la généralisation de ces modèles. -
→ 💶 Réduction des coûts
Les frais administratifs et les coûts de raccordement au réseau sont réduits, ce qui rend l’investissement plus accessible aux particuliers, aux copropriétés et aux petites entreprises. -
→ 📝 Nouveau contrat d’exploitation d’énergie renouvelable (CAER)
Il établit un cadre contractuel clair pour formaliser les accords entre les propriétaires de biens immobiliers ou de terrains et les promoteurs de projets d’énergie renouvelable destinés à l’autoconsommation. -
→ 🏁 Incitations pour les projets jusqu’en 2029
Les projets mis en service avant la fin de l’année 2029 bénéficient de conditions particulièrement favorables, une incitation directe à accélérer les investissements.
🌍 CONTEXTE
Le Portugal dispose de soleil, de vent, et désormais de règles efficaces
Le Portugal occupe une position privilégiée dans le contexte européen de la transition énergétique. Avec l’un des plus forts pourcentages d’énergies renouvelables dans la production électrique de l’Union européenne, le pays a fortement misé sur les grands parcs solaires et éoliens. La prochaine étape, et la plus transformatrice pour les citoyens ordinaires, consiste à décentraliser cette production : amener l’énergie renouvelable sur les toits, dans les quartiers, au sein des communautés rurales.
Jusqu’à présent, la législation créait un paradoxe : techniquement, il était possible d’installer des panneaux solaires à usage collectif, mais les procédures étaient si complexes que la plupart des projets tombaient à l’eau. L’Association portugaise des énergies renouvelables (APREN) et d’autres acteurs du secteur signalaient depuis des années ces obstacles comme un véritable frein à la démocratisation de l’énergie solaire.
Le décret-loi n° 130/2026 achève également la transposition de la directive européenne relative au marché intérieur de l’électricité, qui oblige les États membres à créer les conditions effectives pour le fonctionnement des communautés énergétiques. Le Portugal était en retard dans ce domaine et en profite désormais pour aller au-delà du minimum requis.
📖 POUR MIEUX COMPRENDRE
☀️ Autoconsommation collective (ACC). Plusieurs consommateurs, situés dans le même bâtiment ou dans une zone géographique proche, partagent l’énergie produite par une installation commune. Chaque membre paie moins cher l’électricité qu’il consomme.
🤝 Communauté d’énergie renouvelable (CER). Entité à adhésion volontaire (coopérative, association ou autre) qui produit, distribue, partage et commercialise même de l’énergie renouvelable, en privilégiant les intérêts de ses membres et de la communauté locale.
🔧 UPAC. Unité de production pour l’autoconsommation. Installation (par exemple, des panneaux solaires) qui produit de l’énergie destinée à la consommation propre ou partagée, et pouvant injecter les excédents dans le réseau.
📃 CAER. Contrat d’exploitation d’énergie renouvelable. Le nouvel instrument juridique qui formalise l’accord entre le propriétaire d’un terrain et le promoteur qui installe et gère l’infrastructure de production d’énergie.
👥 QUI EN BÉNÉFICIE
De la famille à la commune : la transition concerne tout le monde
🏠 Les familles vivant en copropriété qui ont toujours souhaité partager l’énergie solaire mais qui ont renoncé face à la bureaucratie.
🏭 Les petites et moyennes entreprises qui souhaitent réduire leur facture énergétique grâce à des installations collectives.
🏛️ Les collectivités locales qui peuvent désormais mener des projets de communautés énergétiques dans leurs communes.
🌾 Les communautés rurales disposant de l’espace et du potentiel solaire nécessaires pour instaurer une véritable autonomie énergétique locale.
Pour tous ces profils, l’impact pratique est direct : moins d’argent dépensé en électricité achetée au réseau, une meilleure protection face à la volatilité des prix de l’énergie et une contribution concrète aux objectifs climatiques du pays.
💬 « Ces changements répondent à ce que les citoyens et les promoteurs réclamaient depuis longtemps : moins de bureaucratie, plus de flexibilité et des coûts réduits. »
🏁 LA SUITE
Une fenêtre d’opportunité jusqu’en 2029
La loi n° 29/2026 entrera en vigueur dès le 1er juillet 2026 et s’appliquera immédiatement à toutes les procédures en cours auprès de la DGEG. Le décret-loi n° 130/2026 est publié et en vigueur depuis fin juin. Le secteur attend des règlements complémentaires qui définiront les détails opérationnels de certaines des mesures prévues.
Les incitations mises en place pour les projets lancés d’ici 2029 confèrent une urgence positive aux promoteurs et aux communautés : plus l’installation sera mise en service tôt, meilleures seront les conditions dont ils pourront bénéficier.
Pour le gouvernement, le message est clair : la transition énergétique ne peut pas se limiter aux grands parcs et aux grandes entreprises. Elle doit atteindre chaque rue, chaque quartier, chaque famille. Avec ces deux lois, le Portugal a fait un pas concret dans cette direction et a ouvert une fenêtre d’opportunité qui ne se représentera sans doute pas de sitôt.



